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préparation à la transat retour

Nous avons passé une dernière journée exceptionnelle en Martinique. Vidée de ses touristes, nous arborons une dernière fois les plages sous ces majestueux cocotiers. Le vent doit souffler mollement mais suffisamment cette nuit pour nous porter à Marie Galante une de nos dernières étapes avant la transatlantique retour. Nous savons que nous vivons nos derniers jours aux Antilles.

Nous avons pour objectif d’aller voir la centrale géothermique de la bouillante, dernière visite énergétique de l’arc antillais.

Ces quelques jours vont aussi nous permettre une dernière préparation psychologique essentielle à une traversée qui s’annonce longue, très longue.

Munis de notre attestation du préfet maritime, nous levons l’ancre vers 17h et remontons au pré serré le chenal entre la Guadeloupe et la Dominique. Paul nous a concocté un plat de fête chez les 4 matelots : Hachi parmentier de canard. Un régal devant ce paysage époustouflant.

Bye bye la Martinique !

Après une nuit de navigation, nous approchons le lendemain matin vers 10h du mouillage à Marie Galante. Nous sommes censés restés une journée sur cette petite île agricole avant de piquer vers le sud-ouest de la Guadeloupe. Le vent faiblit. Il est temps d’allumer le moteur pour nous pousser sur les derniers mètres. Un bruit étrange s’échappe lors du démarrage. Un fort claquement fait trembler tout Kerwatt. A 72h de notre traversée de l’Atlantique, ce problème mécanique ne peut pas être pris à la légère. Immédiatement nous appelons notre conseiller spirituel en mécanique : Patrick ! Rentré en France après l’annonce du confinement, il effectue un diagnostic à distance. L’inverseur, pièce maîtresse qui permet le lien entre le moteur et l’arbre d’hélice serait endommagé. Les roulements intérieurs se seraient usés. Il est donc urgent de le réparer.




Nous mettons les voiles le mardi 9 juin au matin pour le port de Pointe à Pitre dans l’espoir de pouvoir réparer rapidement notre voilier. A terre, l’accueil de certains mécaniciens est désastreux. On peut attendre au moins 1 à 2 semaines avant que quelqu’un vienne diagnostiquer le problème moteur, 1 mois pour la réparation et il faut payer maintenant allez savoir pourquoi. Nous n’avons plus que 48h pour régler ce problème. Après cette date limite, notre assurance ne nous couvrira plus. La saison des cyclones approche également, il est important de partir maintenant. Nous mettons en place une cellule de crise dans Kerwatt comme nous aimons le faire. Chacun regarde comment nous allons pouvoir nous en sortir. Nous évaluons les différentes possibilités et les risques associés. Par chance, un inverseur de type KM35P se trouve en Martinique. Magique ! Un avion de fret part le lendemain à 6h du matin avec notre pièce. Pendant que Paul et Camille vont à l’aérodrome chercher le colis, je désolidarise l’arbre d’hélice du moteur. 10h de travail sont nécessaires pour effectuer la réparation. Je suis tordu en 4 pour atteindre de malheureux boulons, Paul pendant ce temps plonge sous la coque pour tirer sur l’hélice. Les rois du bricolage sont en action !




A 17h, l’heure du test est arrivée, le moteur démarre et l’hélice tourne ! Mission accomplie pour nos matelots. Nous effectuons un dernier plein de produits de frais et prenons nos dernières douches. L’heure du départ approche et après toute l’agitation de ces derniers jours, nous avons du mal à nous rendre compte que nous repartons pour une transatlantique !



Panier rempli de maracujas !

Nous quittons comme si de rien était notre place de port. Les seuls amis que nous avions en Guadeloupe ont soit le COVID, soit la dengue. Pas de quoi nous effrayer, surtout que certains ont quelques piqures malgré les litres d’anti-moustique que nous utilisons… La fenêtre météo n’est pas trop mal. Le vent doit souffler SE ce qui va nous permettre de remonter vers de plus grandes latitudes. Nous choisissons de passer notre dernière nuit derrière l’îlet de Gosier. Le mouillage est rouleur, cela devrait nous amariner.

Côme