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Paradis aquatique : les Grenadines

Mis à jour : avr. 10

écrit par Côme


Le 14 février sonne comme la fête des amoureux pour certains, comme grosse navigation pour d’autres. Ce matin-là, nous partons pour les Grenadines. Cet ensemble de plusieurs dizaines d’îles est décrit comme le paradis des navigateurs. Stop obligatoire pour nos 4 matelots qui ont soif de faune et de flore. Avec un fort vent de Nord-est, la navigation est le plus souvent au près serré à devoir batailler avec le courant subtropical.




Ces 10 jours seront aussi marqués par une personnalité de marque : Nathan Benaksas alias le cousin de Paul. Après 6 mois à 4, nous accueillons avec une grande joie ce nouvel équipier. Etudiant en médecine, sportif et subtil cuisinier, c’est sûr, il aura sa place dans notre équipage.

La première île à notre rencontre est Ronde Island. Ce cailloux perdu et inhabité n’est pas connu pour être un excellent abri. Une semaine auparavant, nous y étions pourtant allés tous les 4. Mouiller dans ces eaux désertes, voir nos premiers coraux avait été une formidable découverte. Des nuées des poissons nageaient autour de Kerwatt. Nous y avons même tenté une escapade. Dans cette jungle touffue, nous étions parvenus après bien des égratignures à une plage déserte bordée de cocotiers. Le vent et le courant l’avait recouverte de plastique. Triste vision dans un paradis aquatique. La pollution atteint même les endroits les plus isolés et inhabités.

Nous verrons ce 14 février que le contour de cette île. Le vent est devenu trop puissant. Par anticipation la trinquette a déjà été envoyée. La mer se forme et blanchie, le ciel s’assombrit. Sommes-nous bien dans les Caraïbes ? Un air de Bretagne se fait ressentir. Le vent et le courant sont trop puissants. Nous observons un écart de plus de 120° entre chaque virement. Nous parcourons le double de la distance pour atteindre notre but Cariacou. Après une navigation de plus de 10h nous arrivons enfin à Tyrell Bay, premier grand mouillage des Grenadines. Nous n’avons que 10 jours pour parcourir ce formidable archipel. Il faudra donc être efficace.


Un ciel gris, du vent et de la pluie : sommes nous en Bretagne ?

Un couple de Français nous propose une plongée à moitié prix. Nous voilà dans l’eau, en combinaison à jouer avec les langoustes, dénicher des petites tortues, contempler des centaines de poissons. On ne nous avait pas menti, ici la nature est maître de ses droits.

En nous promenant le long de la côte de Cariacou une vision avait retenu notre attention. Nous avions apercu une petite île deserte bordée de cocotiers. Nous voulions vivre notre première expérience type pirate des Caraïbes. Ce 16 février nous déplaçons notre vigoureux Kerwatt dans les eaux translucides de Sandy Island. Nous découvrons un paradis dans un paradis.



A terre : du sable et des cocotiers. En mer : des raies, des tortues et du corail. Le vent souffle bien. Nous sortons la planche à voile et nous parcourons de longs bords à toute vitesse. Le soir, comme l’avait fait nos ayeux les flibustiers, nous profitions d’un feu sur la plage pour partager une grillade. Les Grenadines nous présentaient leurs joyaux sous leur plus beau jour. Seul désagrement dans ce spectacle naturel, le flot de catamarans charters musique à fond sillonant la côte pour certains à une vitesse excessive.





Souvenir de notre personnalisation de quille au chantier de Grenade

Parfait salto de Camille

Nous enchainons les mouillages, les sorties de planche, les découvertes de poissons et des coraux. Les Tobago Cays resteront sûrement comme un de mes meilleurs souvenirs. Seul le corail protège les voiliers de la houle. On aperçoit depuis le pont les tortues et les raies. Dans les coraux nous apercevrons même un requin nourrice et un barracuda ! Notre voilier est bercé par 20 à 25 nœuds de vent permanent. La planche flotte en permanence à l’arrière du voilier. J’en profite pour donner un tas de conseils à Camille et à Paul. L’objectif pour eux : maitriser le harnais. Ça vole dans tous les sens, les chutes se répètent mais les deux apprentis progressent vite. Ils vivent leurs premiers bords de plannings à toute vitesse entre les voiliers. Le plan d’eau est parfait.




La vie est belle aux Tobago Cays !

A terre, la population est accueillante. Des airs de reggae sortent des maisons. Le Spicy Rhum local à plus de 80° se consomme à toute heure et en toute quantité. Les rues et les plages sont jonchées de coques de lambie. Ce gros coquillage pêché en grande quantité sert même de matériau de construction !



Sur l’île d’Union, nous tombons sous le charme de Chatman Bay. Cette jolie anse dénote. Quasiment déserte, elle est entourée d’une nature abondante et dense. Cette baie fut surtout une place forte française au XVIIème siècle. Au cours d’une balade, nous tomberons sur des canons en fonte ayant bien 400 ans !


Grâce à notre look de baroudeur, il est désormais quasiment inutile de négocier. La population nous propose directement les prix locaux, soit deux à trois fois moins chers que la carte. Enfin un avantage d’avoir les cheveux longs et la barbe. Pas sûr que cette technique fonctionne toujours bien une fois rentrés à Paris …

Nathan, le cousin de Paul, nous avait apporté un nouveau jeu de société pour les mois à venir : le pandémic. L’objectif réussir en équipe à gérer une pandémie mondiale. Nous étions loin de penser que ce jeu allait être d’une grande actualité quelques semaines plus tard…


Durant ces 10 jours, nous redécouvrons les plaisirs du cabotage et de la navigation journalière. Nous déposons Nathan à St Vincent le 27 février et nous mettons les voiles direction la Guadeloupe. De nombreuses innovations énergétiques et des lycées nous attendent.



Nous contacter : 4matelots@gmail.com

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