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Martinique : l'enquête sur la transition énergétique des Antilles française continue !

Mis à jour : avr. 9

écrit par Camille


Samedi 7 mars,

Après cette semaine chargée passée à Pointe à Pitre, une autre semaine de rencontres nous attend en Martinique. Avant cela, nous décidons de passer le week-end à Marie Galante. Nous larguons les amarres de la marina du Bas du Fort à 7h. A la sortie du chenal, le verdict tombe : « vent complètement dans le nez, on va passer la journée à tirer des bord… » Changement de programme : nous passerons le week-end à l’îlet du Gosier en attendant que le vent tourne pour faire route au Sud. C’est une petite île, abritant un phare, située à 500m au sud de la Guadeloupe. C’est un endroit très prisé par les guadeloupéens pour y passer leurs après-midi de week-end.


Dimanche 8 mars, 13h,


Ça y est ! Le vent a tourné, nous pouvons mettre les voiles en direction du Marin, au Sud-Est de la Martinique où une place de port nous attend. Nous avons 130 mn à parcourir et devons contourner 3 îles : Marie Galante, la Dominique et la Martinique.

Nous devons nous frayer un chemin entre ces îles et faire face à plusieurs accélérations et décélérations de vent pas toujours simples à prévoir. La nuit commence par un gros dévent au nord de la Dominique qui nous oblige à mettre le moteur. Charlotte, Paul et Côme camoufle le doux son de Yann, notre moteur, en regardant Pirates des Caraïbes 2 sur le pont, De mon côté, je préfère somnoler avant mon quart bercé par le ronronnement de Yann et la bande originale de Pirates des Caraïbes. Plus tard dans la soirée, le vent a forci et nous avons pu bien avancé pendant la nuit.


Le lendemain matin, nous contournons la Martinique par l’Ouest. Une fois le rocher du Diamant passé, nous devons remonter vent et courant pour atteindre la baie du Marin.


Rocher du Diamant

Après cette dure remontée au près, nous arrivons à l’Anse Caritan où nous retrouvons Ahoy, un équipage rencontré à l’IMAGO Tour en août 2018. Ahoy est un projet de tour de l’Atlantique pour sensibiliser au dons d’organes porté par 4 garçons : Thibault, Jérémy, Romain et Alexandre. Alexandre est atteint de la mucoviscidose et a été greffé bi pulmonaire. Partis 3 semaines après nous de Bretagne, nous ne les avions pas rencontrés depuis. Nous avons pu au cours de l’après-midi partager nos aventures.

Mardi 10 mars,

Notre enquête énergétique sur la Martinique commence. Tout comme pour la Guadeloupe, l’objectif de la Martinique est d’atteindre l’autonomie en énergies renouvelables en 2030. Ceci sous-entend une autonomie à la fois électrique mais aussi en terme de mobilité. Or, aujourd’hui, les énergies renouvelables ne représentent que 25% de la production électrique de l’île et moins de 2% des véhicules neufs sont électriques. Cet objectif est-il vraiment atteignable ? Quels sont les moyens mis en place pour tendre vers cet objectif ?

Munis de nos papiers et crayons, nous partons en quête de réponses via la rencontre de différents acteurs !


Les visites commencent avec la rencontre de Paul Courtiade, responsable du pôle énergies renouvelables de l’ADEME. De leur côté, l’ADEME a travaillé sur l’élaboration de plusieurs scénarii de transition énergétique. Selon eux, la seule solution pour que la Martinique deviennent 100% autonome est de couvrir 80% des toitures en panneaux solaires et de changer la majorité du parc automobile en électrique. Ils montrent, dans leur étude, que techniquement l’autonomie est possible.

Ces scenarii sont mis à disposition de la région qui doit maintenant sortir la PPE : la programmation pluriannuelle de l’énergie qui fixe les objectifs entre 2019 et 2023. Le rôle de l’ADEME sera ensuite est de lancer des appels à projet en accord avec cette PPE.

On comprend donc que les actions concrètes sont limitées tant que la PPE n’est pas sortie. Après cet entretien, une question nous turlupine : Quid de la PPE ?

Paul Courtiade nous donne de nombreux contact pour la suite de notre enquête.

Nous avons ensuite rendez-vous avec le syndicat du mixte électrique (SMEM) représenté par Laurent Bellemare. Ce syndicat public travaille sur la gestion du réseau électrique martiniquais. Les conclusions sont les mêmes qu’avec Paul Courtiade, tant que la PPE n’est pas publiée, il n’y a pas d’actions concrètes réalisables. De plus, notre contact appuie sur le fait qu’il est difficile pour la Martinique de développer ses énergies renouvelables car il n’y a pas de pôle de recherche spécialement dédiée à la Martinique qui prend en compte ses contraintes et ses conditions météo.


Rencontre avec le SMEM

Enfin, notre semaine s’achève avec la rencontre de Michel Juston, responsable du développement commercial chez Green Technologie. Green Technologie est une start-up crée en 2013, ils se décrivent comme opérateur de le transition énergétique. Ils sont partis du constat suivant : 2/3 de l’énergie consommée par la Martinique est due aux voitures et 1/3 aux bâtiments. Ils ont décidé d’agir sur ces deux points en créant deux branches :

Une branche voiture électrique : ils installent des bornes de recharge sur le territoire et font en parallèle de la recherche sur la conception des bornes « VtoG » comme nous avons pu visiter à Porto Santa en début d’année. Pour rappel, ce sont des bornes qui permettent à la voiture électrique d’être rechargée mais aussi en même temps de servir de solution de stockage pour le réseau.

Une branche bâtiment : Leur méthodologie est la suivante : ils commencent par un audit énergétique puis conseillent leur client pour réduire leur consommation et enfin proposent l’installation de panneaux solaires pour permettre à l’entreprise d’être en autoconsommation.

Nous comprenons ici, l’importance de penser à la sobriété avant d’imaginer une quelconque solution d’énergies renouvelables.


L’enquête avance… nous avons rencontrés des acteurs publics : l’ADEME et le SMEM il ne nous manque plus qu’à questionner la région sur le mystère PPE. Après GreenTechnologie, nous voulons continuer nos rencontres avec les acteurs privés : EDF, Albioma…


Après les visites, on profite des plages !

Jeudi 12 mars, 15h

Allocution d’Emmanuel Macron : les écoles et universités seront fermées à partir de lundi et les français sont invités à limiter leurs déplacements. Le lendemain, nous avons rendez-vous à la centrale Gallion 2 d’Albioma, une centrale 100% biomasse. La visite est annulée en raison du coronavirus. L’entreprise doit préparer son plan d’action pour les semaines à venir et n’a malheureusement plus le temps de nous accueillir.

Les parents de Côme, Eymard et Charles (les frères de Côme), Sibylle et Antoine (mon frère et ma sœur) devaient passer la fin du mois de mars avec nous. Mis à part Charles, qui est médecin et a du rester au front, ils ont pu prendre leur vol avant l’annonce du confinement et nous avons pu passer du temps confinés tous ensemble !


Depuis l’annonce du confinement, nous restons au mouillage à bord de Kerwatt.

Les règles sont les mêmes qu’en métropole : la navigation est interdite, nous pouvons poser le pied à terre uniquement pour faire nos courses.

Mais rien n’arrête les 4 matelots, même si le programme est un peu chamboulé, nous allons continuer notre enquête en télétravail ! La suite … le mois prochain




Nous contacter : 4matelots@gmail.com

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