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Madère - les Canaries en passant par les îles Selvagen

écrit par Côme


Ce matin c’est le départ pour les Canaries. Le départ est fixé à 7h00, heure du quart de Charlotte. Je me réveille à 6h30 pour l’aider à quitter la Baia de Abra et à envoyer les voiles. La nuit est très sombre, sans lune, nous pouvons juste distinguer les falaises abruptes nous entourant. Les voiles envoyées, nous sentons une accélération. Le voilier fonce déjà à plus de 7 nœuds ! Je descends me reposer. Je me sens bercé par les vagues, prêt à rejoindre Morphée, lorsque tout à coup SPLOSH ! Nous avons oublié de fermer les hublots ! Trempé, jurant contre la mer je m’allonge dans le carré quand tout à coup SPLOSH ! Il restait encore un maudit hublot ouvert et c’est encore tombé sur moi.

Le voilier est travers au vent. C’est une vraie fusée. En surfant les vagues nous approchons les 10 nœuds ! Les 24 prochaines heures promettent d’être sportives. Le vent souffle à 20 nœuds, la mer blanchit. Cette vue nous subjugue. Nous nous sentons en sécurité dans Kerwatt qui semble tranquille dans cette mer agitée.



Je suis de quart de cuisine aujourd’hui. Sans être amarriné, rester debout à l’intérieur peut se transformer en un véritable supplice. Dans ces conditions nous surnommons d’ailleurs l’intérieur de notre voilier Gerbiland… Heureusement, nous avons pensé à tout. Lorsque a mer est formé, nous avons des menus « tempêtes » qui peuvent être préparés en 2, 3 mouvements, évitant ainsi d’être malade. Aujourd’hui c’est donc couscous en boîte.


Kerwatt continue sa course folle toute la journée. Le lendemain, à 6h du matin, Camille me donne la barre avec un petit cadeau « Y’a un bateau là-bas, j’arrive pas à voir son signal, bon courage pour ton quart » Me voilà à devoir me battre avec ce bateau fantôme.




Nous sommes tous les deux bords à bord à même vitesse. Dès que je lofe un peu, je peux entendre son moteur, sentir son gaz d’échappement. Quel stress ! Je dois rester aux acquêts. Enfin le jour se lève, je découvre dans la pénombre les îles Selvagen. Des puffins cendrés viennent voler autour du voilier, frôlant l’écume, jouant avec la houle, c’est un spectacle magnifique.

Paul et Camille me retrouvent pour l’approche caillouteuse de ce territoire isolé. Ces îles perdues sont une réserve naturelle, refuge pour les oiseaux marins. Ces seuls habitants sont deux policiers, un marin de la Navy et de deux biologistes. L’ambiance y est surréaliste. Nous trouvons enfin une explication au bateau fantôme, il s’agissait d’un bâtiment de la marine portugaise qui naviguait de manière furtive.



Accompagné d’un gardien nous faisons le tour de ce caillou, perdu dans l’Atlantique.

Le lendemain, nous appareillons à 4h du matin. Le Kerwatt express se remet en route direction Tenerife dans les Canaries.




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