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Madère : île volcanique et verdoyante de douceur et de douleur

Mis à jour : 5 oct 2019

écrit par Paul


La suite de notre escale dans l’archipel de Madère se poursuit donc sur l’île principale et plus particulièrement dans l’est de l’île. Les objectifs de cet arrêt d’environ une semaine sont multiples : découverte de l’île, entretien de Kerwatt et montage de notre premier mini-documentaire sur l’innovation de Porto Santo.


Concernant l’entretien, nous avons plusieurs petits chantiers sur lesquels nous occuper : soit de l’entretien courant dû à de l’usure après avoir parcouru plus de 1500 milles nautiques depuis le départ, comme notre vis de mulet (pièce qui joint la bôme de la grand-voile et la mât) qui s’use anormalement, soit dû à une procrastination forcée de notre part au moment des derniers préparatifs avant le départ. En effet, à une semaine du départ nous essayions de prioriser les lignes de notre TO-DO list à rallonge pour être sûrs de pouvoir partir à temps et en toute sécurité.


L’exemple typique de cette hiérarchisation est le feu de mouillage. Ce feu en tête de mât est essentiel pendant la nuit lorsque nous mettons l’ancre dans une baie pour que les autres bateaux puissent nous voir et nous éviter. Notre ancien feu de mouillage était cassé depuis le chantier sur le bateau cet hiver. Nous avons essayé de le changer avant le départ, mais suite à une mauvaise manipulation, le câble électrique qui circule à l’intérieur de notre mât de 15 mètres, a été sectionné et est tombé à l’intérieur de celui-ci… Autant vous dire que le récupérer n’est pas une mince affaire, demande du temps, le bon matériel et la bonne technique. C’est pourquoi nous avons opté pour une solution provisoire un peu précaire pour notre 1er mois de navigation : lorsque nous étions au mouillage, nous montions en tête de mât une lampe décathlon à l’aide de la drisse de grand voile.




C’est au port Quinta de Lorde que nous trouvons notre sauveur et libérateur : Olivier, 40 ans, français un peu baba-cool, habitant à Madère depuis 3 ans, accastilleur de père en fils depuis des générations et surtout extrêmement gentil et amical. En plus de nous aider sur tous nos chantiers : bien régler la tension de notre gréement, mise à disposition de son atelier, conseils pour renforcer notre vis-de-mulet, détecter une panne sur notre VHF et notre AIS… il nous prête sa chaise de mât, ce qui nous permet de rester plusieurs heures perchés en haut du mât (contrairement à mon baudrier d’escalade qui cisaille les cuisses après 5 minutes dedans) pour régler notre problème de feu de mouillage. Côme, Camille et moi nous succédons au sommet de Kerwatt, fidèlement assuré par Charlotte, à passer des messagers dans tous les sens, à réfléchir à des solutions toutes plus tordues les unes que les autres. A force d’acharnement et de patience, Camille finit par récupérer le câble électrique et installer un feu de mouillage flambant neuf, qui trône maintenant fièrement au sommet de Kerwatt.


Rapidement après notre arrivée sur l’île, depuis notre mouillage à baia d’Abra, nous allons faire une petite randonnée qui se passe à merveille : jolis paysages entre terre et mer, un peu de dénivelé pour nous dégourdir les jambes (à force de tourner en rond sur le pont, ça fait du bien), temps idyllique…

quelques minutes avant l'entorse de Côme...

Et tout à coup, c’est le drame. Notre Côme national fait le petit saut de cabri de trop en descendant, se foule la cheville et se fait une grosse entorse. C’est parti pour un mois à boiter…

Mais Côme ne se laisse pas abattre facilement : étant professionnel du maniement de béquilles, il nous mène excursions après excursions à travers l’île. Nous découvrons ainsi un Christ Rédempteur façon Rio de Janeiro, le marché au poisson bien garni de Funchal, le brouillard dans les hauteurs des volcans, et les mythiques ‘levadas’ de l’île.






Randonée dans les Levadas




Les ‘levadas’ sont un système ingénieux d’irrigation de l’eau sur Madère : en récupérant l’eau dans des petites rigoles en montagne et dans les régions humides, les levadas redistribuent sur toute l’île de l’eau en abondance qui permet une agriculture riche, mais aussi de récupérer de l’énergie de manière hydraulique à hauteur de 50% des besoins énergétiques de l’île.










au détour d'un sentier, nous rencontrons José Manuel qui nous invite aussitôt à déguster son vin !

Après cette belle semaine au cœur de Madère, nous passons une dernière nuit au mouillage à la baia d’Abra, avant de continuer notre descente vers le sud, prochaine escale : les Canaries.