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Le grand départ : traversée du mythique Golfe de Gascogne

écrit par Camille


Après 10 jours de rush pré-départ où nous avons dû jongler entre rapports et soutenances de stage, dernières embrassades avec nos amis parisiens, courses de vivres, réception des colis in extremis, préparatifs des missions pédagogiques et dernières réparations sur Kerwatt, nous nous retrouvons tous à Sarzeau pour un week-end de départ en famille.

Au programme de ce week-end, visites du bateau, diner festif chez les Veyrac, bénédiction de Kerwatt…



Dimanche 1er Septembre:


Ça y est, c’est le jour J, le jour du départ officiel des 4 matelots, ca faisait si longtemps qu’on en rêvait…


Nous nous retrouvons, en début d’après-midi, au ponton V5 du port du Crouesty où Kerwatt nous attend.

Avant de larguer les amarres, nous faisons bénir Kerwatt et notre voyage par le père Henri Châtelet, venu spécialement de Paris pour l’occasion.




Puis vint le moment des dernières embrassades… Que d’émotions ! Le cœur serré, les 4 matelots et Kerwatt quittent le ponton du Crouesty et s’éloignent en direction de Houat.


À dans 11 mois !

Exténués par le contre-coup du départ, nous arrivons au mouillage de Houat en début de soirée.



Le mouillage est agité et les premiers maux de mer se font ressentir… Un patch de Scopoderm collé derrière l’oreille et tout le monde au dodo, demain c’est le grand départ pour le mythique Golfe de Gascogne.



Lundi 2 septembre


Le lendemain, nous avons eu une visite inattendue… Nous sommes réveillés par trois gros coups sur le côté de la coque, Paul sort en caleçon et se retrouve face à face avec quatre douaniers de Lorient. Il redescend, s’habille et nous prévient. Les quatre douaniers commencent à nous poser quelques questions classiques. Pendant que trois des douaniers s’occupent de vérifier les papiers du bateau, je descends avec l’un d’entre eux à l’intérieur. J’avais alors en tête le récit de nos amis du projet « Eco Sailing Project » qui s’était fait retourné leur voilier par les douaniers de Lorient au moment de leur retour après deux ans de tour du monde.


Je me disais intérieurement « pitié, pas la fouille complète ». Non pas que nous ayons des choses à cacher mais Kerwatt était si bien rangé et prêt à partir… In fine, ils commencent à fouiller quelques sacs dans ma cabine mais abandonne vite la fouille.

Pendant ce temps, les douaniers restés à l’extérieur se rendent compte que notre acte de francisation n’est qu’une photocopie, l’original est resté à Paris... oups… Ils nous font la morale mais nous évitent l’amende.


Nous passons ensuite l’après-midi à préparer le bateau, faire le plan de navigation en fonction de la météo et tirer au sort l’organisation des quarts. Nos quarts de nuit durent deux heures et s’enchainent entre 22h et 10h du matin. Nous changeons de créneaux toutes les nuits. Pour cette première nuit, c’était moi de 22h à minuit puis Côme, Charlotte et Paul.

Nous levons l’ancre à 19h direction Gijòn en Espagne.


Dans le monde marin, le Golfe de Gascogne est réputé difficile car la houle se forme très vite et il n’est pas rare de rencontrer des creux de plus de cinq mètres. Il faut souvent attendre pour avoir la bonne fenêtre météo pour le traverser, le mieux est d’avoir un vent d’Est à Nord Est. Nous avons eu beaucoup de chance car nous avons eu cette direction de vent pendant toute la traversée.

Ainsi, la traversée du Golfe de Gascogne a duré 72 heures avec des conditions de vent et de mer idylliques et sous un grand soleil le jour et sous un superbe ciel étoilé la nuit.



Pendant la journée, chaque matelot qui n’est pas en quart vogue à ses occupations : lecture : la saga d’Elena Ferrante pour Paul, Le mystère Henri Pick pour ma part, tentatives de pêche (en vain pour le moment à mon grand désarroi), apprentissage du Ukulélé pour Côme et Charlotte et check météo grâce à notre téléphone satellite Iridium.


Quelques heures avant notre arrivée de Gijòn, en dégustant de délicieuses lasagnes préparées par Charlotte, nos amis les dauphins nous ont fait leur première visite. A droite, à gauche, il yen avait plus d’une dizaine autour du bateau !


A la nuit tombée, Côme et Charlotte restent aux commandes de Kerwatt, le vent monte et la mer se forme. A l’approche de Gijòn, il y a des grosses vagues déferlantes, la mer est basse, Côme est un peu inquiet sur l’arrivée au port. Finalement le port était bien protégé.

Il est deux heures du matin lorsque nous accostons Kerwatt à la marina Yates de Gijòn.