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La bouffe en transat ou comment la nourriture devient une activité à part entière en mer…

écrit par Charlotte


La nourriture est cruciale sur un voilier. Elle doit être nourrissante, facile à préparer et surtout très bonne. Pour une logistique optimale, les ingrédients doivent être facile à trouver. Nous changeons ainsi nos menus en fonction des fruits et légumes locaux de saison. Nous changeons aussi régulièrement nos menus suivant les goûts de l’équipage qui changent aussi vite que le vent tourne. Par exemple, en septembre et octobre, nous étions tous les quatre des grands fans des one-pots : ce sont des plats très simples à préparer où tous les ingrédients cuisent en même temps dans une marmite en fonte avec un peu d’eau. On verse par exemple du riz, deux poireaux, des lardons, un oignon coupé en morceaux ou encore d’autres légumes dans la marmite, on recouvre d’eau et d’épices et on laisse mijoter pendant 20 minutes. Cette forme de cuisson est très pratique car demande peu de temps et de vaisselle. Mais au bout de six one-pots pourtant variés, nous n’en pouvions plus ! En effet ce mode de cuisson a tout de même tendance à altérer les différentes saveurs des aliments et donne un peu un effet « bouilli » au plat, à consommer donc avec modération…


Tout d’abord, nous distinguons trois types de menus :

- menus frais: les meilleurs repas cuisinés avec des produits frais (par exemple : une bonne salade)

- menus sans frais : des repas cuisinés plutôt avec des boites de conserves

- menus tempête: des repas préparés en un temps record avec un minimum de vaisselle et d’effort car cuisiner et faire la vaisselle lorsqu’il y a de la houle n’est vraiment pas agréable.


Pour éviter moult allés-venus dans les supermarchés capverdiens, le plus simple est d’établir des menus. Nous visions une transat de 18 jours : 36 repas sont donc à prévoir. Nous dressons tous les quatre une liste non-exhaustive de plats.

Il y a bien sûr les grands classiques de navigation : les fameuses salades composées. A base de riz, de pâtes, de semoule et même de vermicelles de riz, elles ont été consommées au début de transat avec des bons légumes frais du Cap Vert.

Dans les salades de riz et de pâtes, à part le fameux combo tomates-concombres-maïs, on sublime nos recettes à rajoutant des boites de thon cuisinées type « belle-îloise » (notre préférée étant la boite zanzibar).


Courses à Mindelo

Le taboulé sans cuisson

A l’origine, je le faisais comme ma maman. Je verse deux bons verres de semoule dans un saladier avec un concombre et trois tomates coupés en morceaux, une boîte de pois chiches, un oignon rouge émincé finement et le jus de deux citrons. Je laisse le saladier dans le réfrigérateur environ trois heures. La semoule cuit ainsi dans le jus de citron. Ce taboulé est délicieux bien frais avec de la coriandre ciselée mais demande un peu d’anticipation. En décembre, nous avons découvert dans l’énorme Auchan de Mbour au Sénégal la semoule tipiak menthe citron ou tomate-basilic qui cuit en seulement 30 minutes avec un bol d’eau froide relançant ainsi la fréquence de nos taboulés.


La salade du déjeuner laisse place à la quiche ou à la pizza du soir avec des pâtes salés préparés maison bien sûr. On change souvent de type de farine (blanche, complet ou sarrasin) pour varier les plaisirs.


La pâte à quiche

- 200 gr de farine : ne pas hésiter à mixer les farines, après plusieurs tests, notre mélange préféré est 75% de farine de sarrasin et 25% de farine blanche

- 100 gr de beurre demi-sel

- 1 demi-verre d’eau

Mélanger du bout des doigts la farine avec le beurre coupé en morceaux. Ajouter de l’eau jusqu’à obtenir une belle boule de pâte.


La salade de vermicelles

Enfin, notre salade un peu plus exotique est celle avec des vermicelles de riz. On en trouvait plein au Sénégal et cela nous a donné l’idée de varier un peu nos salades.

- 250 gr de vermicelles de riz

- 1 cube de bouillon de légumes

- 2 carottes

- 1 boite de pousses de soja ou haricots mungo

- 1 cuillère à soupe de sésame

- 1 boite de petits pois (option)

- 1 cuillère à soupe d’huile de coco

- de la coriandre fraiche

Faire cuire les vermicelles de riz dans le bouillon de légumes.

A coté, faire revenir les carottes coupées en cube dans un peu d’huile de coco. L’idée est de les rendre un peu aldente.

Mélanger les carottes et les vermicelles égouttés et rajouter les pousses de soja et les petits pois si vous voulez un peu de vert.

Verser un peu d’huile de sésame et de sauce de soja.

A servir avec de la coriandre fraiche ciselée et le sésame délicatement grillé puis pillé (ça libère plus de saveur !).


Pizza

La pâte à pizza pour deux belles pizzas :

- 250 gr de farine

- 15 cl d’eau

- 5 cl d’huile d’olive

- 1 sachet de levure de boulanger

- 1 pincée de sel

Mélanger farine et levure, pétrir avec l’eau et rajouter l’huile et le sel. Ajouter éventuellement de la farine ou eau jusqu’à obtenir la bonne texture et former une boule. Recouvrir d’un torchon propre et faire lever 2h.

Paul réussit toutes les pizzas qu’il entreprend le plaçant ainsi au stade de « pizza master ». Il rajoute du coulis de tomate et beaucoup de fromage pour sa classique « triple fromage et plus ». Mais sa plus grande spécialité reste la pizza blanche : il remplace le coulis par une belle béchamel à l’ail, ajoute quelques champignons et olives.


Gâteaux salés

Lorsqu’on est atteint de flemmingite aigue pour réaliser une pâte de ses blanches mains, le plus rapide est le cake salé. Voici la base dans laquelle on rajoute toute sorte de garniture :

- 180 gr de farine

- 1 sachet de levure chimique

- 10 cl d’huile d’olive

- 10 cl de lait

- 3 œufs

Le plus gourmand revient au cake de Camille avec ses aubergines sautées aux herbes de Provence.

Lorsque Camille est nostalgique de son Auvergne natal, elle réalise la flogniarde de sa grand-mère, un délicieux gâteau au fromage :

- 1 verre de lait

- 1 verre de farine

- 4 œufs

- 200 gr d’emmental rapé

Mélanger le tout, saler, poivrer et verser dans un plat beurré.

Faire cuire au four pendant une trentaine de minutes.


Wraps et Pain

Pour un repas rapide sans cuisson, rien de tel que des wraps. Ces galettes qu’on peut fourrer avec tout ce qu’on veut se conserve très longtemps. Nous avions fait un gros plein aux Canaries. Nos deux recettes fétiches étant le fameux thon-saint Moret et le houmous maison réalisé par Côme.

Enfin, les longues navigations sont propices à la fabrication de pain, notre préféré étant le pain semi-complet de Camille :

- 500 gr de farine (50% de complète et 50% de farine blanche)

- 2 sachets de levure de boulanger

- 1 verre d’eau

- 1 càc de sel

Mélanger la farine et la levure dans un saladier

Ajouter l’eau et pétrir 10 min

Ajouter le sel et pétrir à nouveau pendant 10 min jusqu’à obtenir une boule homogène

Recouvrir votre saladier d’un torchon propre et laisser lever 1h

Séparer votre pâte en deux boules et former deux pains

Mettre ces deux pains sur une plaque recouverte d’un papier sulfurisé et recouvrir à nouveau d’un torchon pour laisser lever 1h.

Enfourner pendant 20-30 min


Le fameux plat de lasagne épinard-chèvre est réservé au moment où le temps est calme. C’est un grand classique des matelots et l’existence d’épinards en boîte place ce menu dans la catégorie « repas sans frais ».

On a souvent oublié les pommes de terre de nos repas pensant que le temps de cuisson était trop élevé. C’est surtout les Canaries avec leurs fameuses papas ajugadas qui nous ont donné l’envie de manger plus souvent des pommes de terre. Le mieux quand on a du temps est de faire une bonne purée maison avec un peu de noix de muscade accompagnée d’une boite de confit de canard donnant ainsi forme à un superbe hachis Parmentier.


Malheureusement, nous n’avons pas beaucoup de photos car nos plats ne sont pas très « instagrammables » mais ils sont très bons !