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L’enquête continue… à distance

Dernière mise à jour : 6 juil.

Malgré le confinement, nous avons réussi à continuer, à distance, notre enquête sur la transition énergétique de la Martinique et de la Guadeloupe. Nous avons eu trois rencontres à distance :

- centrale de géothermie de la Bouillante en Guadeloupe (Bernard Hira)

- centrale de Valorisation des déchets (Yohan Cosson)

- la pile à hydrogène de la SARA (Constance Chevallier et Joris Gerfaut)

En attendant, le compte rendu global de notre étude, voici une petite présentation des visites que nous avons effectuées par visio.



La centrale de géothermie de la Bouillante en Guadeloupe



Contexte

Terre de bas, située en Guadeloupe possède un fort potentiel géothermie.

Naissance du projet

Il y a une cinquantaine d’années, les recherches ont commencé car de la vapeur sortait du sol à la Bouillante. En 1963, un potentiel de géothermique à la Bouillante est déclaré. Le premier forage est découvert en 1976, la première centrale, bouillante 1 est mise en service en 1986. Puis dans les années 1995-2000, lancement d’un projet avec un second forage qui descend à 1000m. En 2005, la deuxième centrale, bouillante 2 est mise en service. La centrale a été rachetée en 2016 à EDF et BRGM par ORMAT (entreprise américaine n°1 de la géothermie)

Principe de la géothermie :


1. L’infiltration de l’eau

L’eau de mer et de la pluie s’infiltre dans la croute terrestre où elle forme un réservoir qui est réchauffé par un point chaud de la Terre. A 1000m de profondeur, l’eau est à 250°C et 25 bars.


2. Pompage de l'eau

Via un forage, l’eau est pompée. Lors de son pompage, il y un changement de température et de pression, l’eau remonte sous forme de vapeur.

3. Production d’électricité

Telle une cocotte-minute, cette vapeur d’eau entraine une turbine puis une génératrice qui produit de l’électricité – 15 MW qui représente 6-7% de la consommation électrique de l'île.


Conclusion

La géothermie présente de nombreux avantages : elle est renouvelable, n’émet pas de gaz à effet de serre. Elle n’est pas intermittente. Ses coûts d’investissement sont certes élevés mais assez facilement amortis. Elle représente un réel point fort pour la Guadeloupe dans son objectif d’autonomie énergétique.


Pile à hydrogène de la raffinerie Rubis en Martinique



Contexte

SARA (Société anonyme de la raffinerie des Antilles) : deux dépôts en Guyane, un dépôt en Guadeloupe, une raffinerie en Martinique.

Entreprise pétrolière qui a envie de se tourner vers les énergies renouvelables.


Projet GREENWATER

Désaliniser l’eau de mer pour les besoins de la raffinerie. Ceci permet de ne pas puiser dans les ressources en eau douce de l’île. Notamment pendant la saison du Carême pendant laquelle il peut y avoir des pénuries.


Projet CLEARGEN

C’est une valorisation de l’hydrogène produit par la raffinerie.

Avant la pile : l'hydrogène était réinjecté parmi le fuel-gaz dans les brûleurs. Aujourd’hui, le fuel gaz continue à servir de bruleur même appauvri en hydrogène.


L’hydrogène récupéré est injecté dans 2 piles à combustibles de 500kW qui rejettent l’énergie sur le réseau.


Centrale de revalorisation des déchets – UTVD (Martinique)



Contexte

La Martinique compte 375 000 habitants et produit chaque année 194 400 tonnes de déchets (2016). 115 000 tonnes de ces déchets sont traitées par l’UTVD de Fort de France et le reste est enfoui ou valorisé dans une centrale de traitement des déchets organiques.


Naissance du projet

L’incinérateur a été mis en service en 2002. Il est exploité par Idex.


Fonctionnement de la centrale

L’incinérateur est composé de deux fours. Chaque four brûle 7 tonnes de déchets par heure.


Fonctionnement de l’incinérateur :


1. Réception des déchets

Les déchets sont déposés par les camions dans une fosse où ils sont bien mélangés.


2. Combustion et production d’électricité

Le mélange est envoyé dans le four à rouleau. Les gaz qui se dégagent de la combustion permettent de chauffer l’eau des chaudières.

L’eau des chaudières se transforme en vapeur d’eau qui entraine une turbine puis une génératrice qui produit de l’électricité. 6MWh : Cela représente 2% de la production d’électricité de l’île.


3. Traitement des fumées :

Principal gaz toxique : NOx - de l’urée est introduit dans la flamme pour réduire son taux

Utilisation d’un filtre à manche pour piéger les poussières.


Conclusion

C’est un bel exemple de revalorisation des déchets. On pourrait se dire que cela vient en contradiction au message de réduction de ses déchets mais la centrale est sous-dimensionnée par rapport à la quantité de déchets générée par les martiniquais donc une réduction de la production de déchets est tout de même bienvenue.