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Guadeloupe : les missions des matelots reprennent !

Mis à jour : avr. 10

écrit par Charlotte


Le 27 février 2020, nous disons au revoir à Nathan à Saint-Vincent. Saint-Vincent est une magnifique île verdoyante digne des décors de Pirates des Caraïbes. Malheureusement, cette île n’accueille pas beaucoup de plaisanciers. Elle n’a pas de port et souffre d’une mauvaise réputation avec de nombreuses histoires de vols d’annexe. Nous ne comptons pas nous y arrêter mais juste déposer Nathan vers midi. Nous partons donc vers 6h de Bequia.

En passant près de la côte ouest de Bequia, nous y découvrons des ruines : des traces de maisons incrustés dans la roche. Il s’agit des restes de la villa Moonhole. A la fin des années 60, un couple d’Américains, les Johnston décident de s’installer sur ce bout d’île quasiment inhabité. Ils vivent ainsi en autarcie construisant leur propre petit paradis. A leur mort, certaines habitations tombent en ruine.

Les ruines de la villa Moonhole

Une fois Nathan déposé à Saint-Vincent, nous faisons cap vers la Guadeloupe sans passer par Sainte Lucie, ni la Dominique, ni la Martinique car le lycée Carnot nous attend ainsi que des sites d’énergies renouvelables.

Après les courtes navigations entre les îles des Grenadines, nous voilà partis pour une navigation de 135 miles ce qui représente un peu plus de 24 heures. Une belle navigation au portant sans vague avec une nuit étoilée nous attend digne de nos plus belles nav de nuit lors de la transat… à une différence près : la 4G ! Lors de mon quart de nuit, nous longeons la Martinique. Les superbes antennes Orange me permettent de « geeker » pendant tout mon quart ne voyant pas ainsi le temps passer.


Nous arrivons aux Saintes le lendemain en fin d’après-midi. Nous y retrouvons avec joie Fanny de projet Ecodysea ! Nous l’avions vue avec son équiper Thibaud à El Hierro. Nous avions fait ensemble le reportage sur cette île visant l’autonomie énergétique et surtout une cohabitation de 3 jours à six sur Kerwatt.


les retrouvailles avec Fanny et son voilier Regentag :


Nous passons ainsi le weekend aux Saintes avec Fanny. Les Saintes est un archipel d’îles au sud de la Guadeloupe. Un charmant havre de paix où tout se fait à vélo et petites voitures électriques. Nous nous mettons au mouillage du Pain de sucre. Fanny qui est aux Saintes depuis une semaine nous fait visiter Terre de Haut. Nous foulons ainsi pour la première fois depuis septembre le sol français ! Plus besoin de baragouiner en anglais. Cela nous fait tout drôle de retrouver le carrefour market et de voir du français écrit sur les enseignes de restaurant.



Nous marchons jusqu’à la plage de Pompierre non sans déguster le tourment d’amour qui est la spécialité des Saintes : un petit gâteau fourré à la confiture de goyave.

C’est en marchant sur cette plage que va se jouer un nouveau drame après le poignet de Camille à El Hierro et la cheville de Côme à Madère :

Côme remarque les immenses cocotiers qui longent cette jolie plage et nous met immédiatement en garde sur l’impact d’une noix de coco sur nos têtes insouciantes. Gardant ainsi le nez en l’air, il ne voit pas la souche sur son chemin et son petit orteil gauche la reçoit en plein fouet lui faisant le fameux effet d’un orteil qui se prend un angle de table basse multiplié par vingt. Le petit orteil devenu gros et bleu est légèrement oblique. Sur le chemin du retour, Côme est pris en stop par une petite voiture électrique. Nous nous retrouvons devant le poste de santé désert. Un jeune homme en tee-shirt et short débarque les cheveux encore mouillés : le médecin était tout simplement en pleine baignade quotidienne ! La vie est douce aux Saintes et nous sommes samedi ! Son verdict : faire une radio à Pointe-à-Pitre lundi.

Quelques heures avant le drame de l'orteil...

Pour réconforter notre grand blessé, nous dégustons une Pina Colada bien fraiche accompagnée d’une belle assiette d’accras de morues.

Le lendemain, nous allons à la messe : première messe en français depuis Dakar en novembre !


Lundi, nous partons tôt vers Pointe-à-Pitre en deux flottes : Paul et Fanny sur son voilier Regentag et les trois autres matelots sur Kerwatt. Nous arrivons tout juste avant que le cabinet de radiologie ne ferme.

Mardi, nous avons rendez-vous à la centrale thermique biomasse du Moule. Vanessa qui est la secrétaire de direction nous accueille très gentiment et avec Pierrot, un des ingénieurs, nous découvrons cette impressionnante usine Albioma qui est l’un de nos sponsors.


Cette centrale utilise la bagasse qui est la fibre de canne à sucre comme combustible. Elle est judicieusement située à côté d’une sucrerie qui leur fournit cette fameuse bagasse. Pierrot nous explique précisément chaque étape de l’arrivée de la canne à sucre à la génératrice électrique en passant par les grosses turbines. La récolte de la canne à sucre n’a pas lieu toute l’année, ainsi le charbon est aussi utilisé comme combustible. Mais le prochain objectif est d’utiliser uniquement de la biomasse en couplant la bagasse avec du bois.

Mercredi, nous visitons la centrale solaire à Saint-François. Cette centrale appartient à Total Quadran et utilise un système de pilotage conçu par Bertin énergie et environnement notre premier sponsor. Le champ de panneaux solaires est impressionnant ! L’énergie solaire est adaptée au climat ensoleillé de la Guadeloupe. Les grains réguliers permettent en plus de les nettoyer facilement. Une centrale éolienne est également en cours de réalisation sur ce site. Clément qui est le chef de projet nous explique l’importance du choix de la structure des éoliennes. Elles doivent être suffisamment robustes pour résister à un éventuel cyclone.




Nous retrouvons le soir Fanny avec qui nous préparons notre intervention Talents for Future auprès du lycée Carnot. Notre dernière intervention était à Dakar et s’était très bien passée.

Jeudi, nous traversons le portail du lycée. Cette grande cour intérieure carrée bordée de grands balcons me rappelle mes deux années de prépa. La proviseure et la professeure de sciences nous présentent les élèves. Il s’agit d’élèves de 1ère professionnelle vente et commerce. La professeure nous explique qu’ils peuvent être un peu agités mais restent très attachants. Est-ce que notre autorité naturelle va suffire ? Finalement, les élèves sont ravis de notre venue ! Nous arrivons à capter toute leur attention et sont très curieux de notre vie sur un voilier.



Vendredi, nous avons rendez-vous avec Manon Gerbaud qui travaille à l’ADEME Guadeloupe (l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). Elle nous explique les enjeux de la transition énergétique de la Guadeloupe. La Guadeloupe vise un objectif d’autonomie énergétique en 2030. Cet objectif est difficile à atteindre d’autant plus qu’il regroupe également la mobilité. La Guadeloupe doit donc renoncer à ses centrales fonctionnant au charbon et diesel importés et remplacer également toutes les voitures thermiques par des voitures électriques. Face à cette hausse de la demande énergétique, il faut bien évidemment envisager une sobriété énergétique mais il est difficile d’encourage le vélo et les transports en commun sur cette île où les pistes cyclables se font rares et les horaires de passages de bus assez flous.


Le soir, nous retrouvons Vanessa sur Kerwatt. Vanessa était très admirative de notre projet et nous l’avons invitée ainsi que toute sa famille à venir prendre un verre. Nous rencontrons ainsi ses deux filles et son mari ainsi que sa sœur jumelle accompagnée de son fils et sa fille et la maman des deux jumelles ! Nous aimons beaucoup faire découvrir le voilier et notre vie à bord. Les enfants sont très curieux et posent pleins de questions avec la fameuse remarque « vous faites comment pour les toilettes ? ». Une des filles de Vanessa qui a 6 ans rêve de larguer les amarres le soir même !


Après cette semaine bien remplie, nous partons le lendemain vers la Martinique en passant par l’îlet du Gosier.







Nous contacter : 4matelots@gmail.com

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