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Découverte de la terre promise : Grenade

Mis à jour : avr. 9

écrit par Paul


Après notre arrivée de transat’ à Barbade, où nous avons passé deux jours à jongler entre les papiers d’entrée, trouver du wifi pour contacter nos familles et les papiers de sortie, nous reprenons la mer, direction Grenade. Cette île était notre objectif d’arrivée pendant toute la transat’, ça nous tient à cœur d’y arriver, et au plus vite.

Au bout de 24 heures de navigation, nous arrivons dans le port, complètement fantôme, de la capitale St Georges. Personne ne nous a répondu à la VHF et il n’y a pas de membres du personnel à vue, nous nous faufilons donc entre les pontons pour trouver une place pour Kerwatt. C’est alors que nous reconnaissons un autocollant de Voiles sans Frontières sur un bateau ainsi qu’une tignasse blonde.

Il s’agit du voilier Sirius, une famille avec deux garçons adolescents, partie faire le tour de l’Atlantique en même temps que nous. Nous les avions déjà croisés plusieurs fois aux Canaries et au Sénégal, mais ils sont partis en transat’ un mois avant nous, nous ne nous attendions pas à les recroiser ici ! La tignasse blonde, c’est David, accompagné de Claire. Nous avons sympathisé avec eux au Cap-Vert, nous sommes partis en transat’ le même jour qu’eux et leur voilier Kentan, un superbe First 38. Pratiquement tous les jours de la traversée, nous échangions via nos téléphones satellites nos positions, nos impressions, nos soucis techniques et leurs exploits de pêche (étant donné que nous avons fini bredouille…). Ça fait plaisir d’avoir un petit comité d’accueil et de voir des têtes connues en arrivant au port ! Nous pouvons débriefer de nos aventures respectives avec les deux équipages : autour d’un brunch avec la famille de Sirius et d’un apéro avec l’équipage de Kentan.


Retrouvaille avec Sirius

L’arrivée au port, c’est aussi l’occasion pour nous de prendre notre première douche, chaude, avec de la pression depuis que nous avons quitté les Canaries il y a trois mois ! En effet entre nos deux mois au Sénégal, le fait d’être au mouillage au Cap-Vert et la transatlantique, nos seules douches se faisaient sur la descente à l’arrière du bateau après une baignade, avec l’eau de nos cuves. C’est un réel plaisir de retrouver le luxe d’une bonne douche longue de 5 minutes avec de l’eau chaude à souhait. Au port nous profitons également d’être dans une ville pour faire un nouveau plein de course pour les deux semaines à venir, de quoi être indépendants dans les baies paradisiaques que nous allons visiter. Au marché, nous trouvons quelques fruits exotiques comme des fruits de la passion, et de succulentes bananes, mais nous sommes un peu déçus d’arriver trop tôt pour la saison des ananas et des mangues.


Découverte de Saint Georges :




Après 2 jours d’escale au cœur de la civilisation, nous voilà reparti pour de nouvelles aventures à la découverte du sud de Grenade. Nous sommes très excités à l’idée de faire notre premier mouillage aux Antilles. En effet, côté Est de l’Atlantique (Madère, Canaries, Cap-Vert), les îles sont très volcaniques, ainsi à cause des grandes profondeurs proches de la côte, c’était compliqué de faire de nombreux mouillages paradisiaques comme nous l’imaginions. En revanche, les Antilles, c’est vraiment la Mecque des mouillages forains : chaque île regorge d’une dizaine de baies permettant d’abriter des voiliers dans des cadres tous plus idylliques les uns que les autres. La difficulté ici, est donc non pas de trouver LE seul mouillage du coin, mais plutôt de trouver LE meilleur mouillage… Bref, la remontée de l’arc antillais s’annonce difficile pour les 4 matelots !





Notre première halte se situe à Hog Island. La baie est entourée d’une végétation riche et une petite île vient refermer la baie quasiment sur elle même. Sur cette île, il y a une petite plage, sur laquelle il y a un bar, avec des locaux qui font des barbecues de langoustes qu’ils viennent de pêcher.


Il y a aussi de nombreuses noix de coco à boire ou à manger. Il y a deux types de cocos : les vertes, et les marrons. Les premières ne sont pas encore mûres, mais elles contiennent beaucoup d’eau de coco, se qui désaltère bien, surtout que nous buvons exclusivement de l’eau de mer qui a été déssalinisée (nous avons rempli nos bidons avec l’eau du robinet du port), très pauvre en minéraux et riche en chlore : à chaque gorgée, nous avons l’impression de boire la tasse de la piscine. L’eau de coco est donc une bonne alternative pour s’hydrater. Les noix de coco marrons sont très poilues, elles ont moins d’eau, mais leur chair est beaucoup plus savoureuse : nous en prenons pour le goûter, ou pour cuisiner.




Notre premier réflexe après notre arrivée était d’aller se baigner pour voir les fameuses barrières de corail, caractéristiques des Antilles, qui ornent l’entrée de la baie. C’était une grande première pour nous d’aller nager dans les coraux. L’expérience était vraiment incroyable ! A l’aide de palmes, de masques et de tubas, nous avons découvert une multitude de petits poissons de toutes les couleurs, de toutes les formes et de toutes les tailles. Nous avons pu nager avec eux à seulement quelques mètres, voir quelques centimètres, sans leur faire peur. Le seul petit problème, était que la visibilité était assez faible (nous ne voyons pas à plus de deux mètres). Mais ce sera l’occasion pour nous d’avoir d’autres découvertes de coraux avec une meilleure visibilité, probablement aux Grenadines.


Avant le départ en transat’, nous avions prévu de sortir le bateau de l’eau aux Antilles pour faire un check complet du bateau après 6 mois de navigation : état de la coque, gréement, voiles, électronique… Tout cela nous permet de prendre de l’avance sur la préparation de la transat’ retour, qui est plus technique et plus exigeante que la première, pour l’équipage et pour le voilier. Nous avons trouvé un chantier bien achalandé, au fond d’une petite baie paradisiaque de Grenade : le chantier Grenada Marine à St David Harbour.



Avant de sortir le bateau de l’eau, nous passons une nuit au corps-mort dans la baie. Le lendemain matin, nous sommes attendus à 8 heures au niveau du « travel-lift ». Quelques minutes avant le RDV, nous allumons le moteur et … et le moteur ne s’allume pas ! On réessaye plusieurs fois, sans succès. Après avoir fait le tour du mouillage en catastrophe à l’aide de l’annexe, un américain se dévoue pour remorquer Kerwatt jusqu’à la cale de sortie d’eau. On sort ensuite le bateau de l’eau sans problème.




On diagnostique assez rapidement que c’est notre batterie moteur qui est à plat. Est-ce un problème d’alternateur et donc de recharge ? Ou est-ce la batterie qui est en fin vie ? Dans tous les cas, nous avons besoin d’une nouvelle batterie moteur, et nous pouvons prendre une décision calmement à terre plutôt que dans le feu de l’action au milieu d’une manœuvre désespérée. Nous mesurons donc la chance d’avoir eu cette panne alors que nous étions tranquillement amarrés dans une baie, à côté d’un chantier, avec d’autres bateaux au mouillage. Cela aurait pu nous arriver au milieu de l’Atlantique, alors que nos batteries de servitudes étaient également déchargées, ou bien juste avant une manœuvre de port délicate. Nous passons 36 heures intenses sur le chantier, à prendre soin de notre fidèle destrier, pour effectuer les vérifications nécessaires ainsi que réparer les petits bobos.



Après avoir remis le bateau à l’eau, nous continuons nos mouillages autour de Grenade pendant une semaine. Ensuite, nous retournons à St Georges pour l’arrivée d’un cinquième matelot, Monsieur Nathan Benaksas, mon cousin. Nous profitons de son arrivée pour découvrir le centre de l’île, réputé pour ses cascades et sa végétation tropicale. Nous passons une journée entière en rando dans la grisaille et entre les grains pour découvrir les richesses intérieures de Grenade.




Nous partons ensuite à la découverte de l’archipel des Grenadines un peu plus au nord. Celui-ci est réputé pour ses plages de sable fin, ses cocotiers, ses barrières de corail et son eau bleue turquoise.



Nous contacter : 4matelots@gmail.com

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