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Début du chantier: la réalité du terrain

écrit par Côme

Après notre éprouvante semaine passée à Dakar, nous sommes agréablement surpris par l’accueil qui nous est réservé à Moundé. Nous découvrons enfin la vraie culture sénégalaise tournée vers la tolérance et la fraternité. La plus grande partie des infrastructures est gérée localement par des bénévoles. Cet esprit d’entraide et de débrouillardise nous fascine.


Ce matin, 10 novembre, nous avons des nouvelles d’Alassane, notre fournisseur électricien. Il devrait arriver par pirogue dans la matinée. Deux charrettes nous permettent de transporter l’ensemble du matériel, soit 30 batteries, 18 panneaux solaires, les régulateurs, les câbles et des centaines de bricoles. Quelle excitation, nous rentrons enfin dans le vif du sujet !


Nous faisons la connaissance d’Alassane autour d’une tasse de thé traditionnel (amer et très sucré, un coup à devenir diabétique) préparé par Moussa, son homme à tout faire. Tous deux sont forts sympathiques et ont l’expérience du terrain. Nous essayons d’apprendre le maximum d’informations sur les installations locales. Nous cherchons à savoir ce qui peut « gâter » (ruiner en français) une installation électrique. Le point de vue d’Alassane, extérieur au village, nous est bien utile pour comprendre la mentalité locale.


Le travail nous paraît immense. En seulement 2 mois nous allons devoir réaliser une installation électrique de A à Z, qui plus est, doit être sécurisée (respecter les normes françaises) et durable. Nous ne laissons pas de place au doute et nous attaquons les structures des PV. Nous avons à notre disposition 26 barres d’aluminium de 4m. Nos connaissances d’élèves ingénieurs rentrent en jeu. Assis sur un tapis, au milieu de la maternité, nous appliquons avec soin la théorie des poutres.


Une grande partie de la population vient voir de ses propres yeux la matériel tout juste arrivé. Trop habitués aux promesses, il leur faut voir pour croire à l’installation.


Le début du chantier est compliqué. La mise en place de la première structure nous demande bien des efforts. Nous abîmons plusieurs mèches en essayant de percer sans huile et rapidement nous sommes à court de rondelles de 8, essentielles aux structures.

Heureusement le hasard fait bien les choses. Patrick, également membres de Voiles Sans Frontières, se rend à Moundé pour réaliser une distribution de gilets de sauvetage. Fraîchement retraité après 42 années d’activités dans la mécanique, Patrick est pratique, soucieux du détail et efficace. Sa proposition d’aide est vite acceptée. Doté d’une gentillesse inégalée, nous tissons avec lui une grande amitié.


Patrick en pleine confection d'une superbe échelle

Nous pouvons également compter sur l’aide de Babakar et de Doudou. En tout, ce sont 7 personnes qui s’activent. De 9h à 17h la maternité est plongée dans un vacarme assourdissant entre disqueuse, perceuse, groupe électrogène etc...



S'il fallait retenir une expression locale, ce serait sûrement « Diengué problème » qui veut dire « pas de problème » ; en toutes circonstances, la population a recours à une géniale débrouillardise pour trouver des solutions. Construire des armoires électriques et des protections de batteries n’est ainsi pas un problème même s’il faut quand même faire 5h de pirogues et prendre plusieurs charrettes.




Vendredi 15 novembre


Une nouvelle rencontre vient perturber notre routine. La famille Hémar sur le voilier Spica II vient à Moundé réaliser un partenariat scolaire. Nous découvrons la vie de famille sur un voilier au long cours. Les 4 garçons âgés de 4 à 13 ans sont déjà de très bons matelots. Tous nous aide, notamment à creuser les 45m de tranchés entre les différents bâtiments.




Jérôme et Bénédicte avec leurs 4 matelots également pleins d'énergie : Baptiste, Calixte, Joseph et Théophile

Mercredi 20 novembre,


Les structures prennent forment et les batteries sont posées.

On va y arriver ! Nous avons pris nos habitudes à Moundé. Chaque jour, à l’heure du déjeuner, Seynabou apporte un délicieux plat à partager à même le sol, Doudou nous appelle en criant « C’est la pause les gars ! Il faut faire le plein d’énergie ! ». Nous sommes déjà attachés à l’ambiance locale et aux personnes.


autour d'un bon tiep bou dien (riz au poisson)

Dans le bolon de Moundé, il y règne le soir une ambiance digne des ports bretons !

Les deux associations nous encadrant (VSF et ESF) sont sur la route. Le début d’une nouvelle face du chantier commence.

Nous contacter : 4matelots@gmail.com

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