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Coup de cœur pour El Hierro

Après trente heures de navigation depuis Las Palmas, nous arrivons à El Hierro de nuit, comme à notre habitude. D’ailleurs cette nuit au port de la Restinga fut mémorable : faute d’installations adaptées, le gardien du port nous indique un quai d’accostage de ferry pour nous amarrer. En plus du clapot qui nous fait taper contre ce gros bloc de béton, nous devons ajuster en permanence la tension de nos amarres en fonction de la marée et modifier la position des pare-battes pour ne pas abimer la coque. La fatigue due à la navigation est bien présente, mais nous décidons de continuer nos quarts de nuit à quai pour réaliser ces ajustements. Malgré le grincement permanent due au pincement des pare-battes et au frottement des amarres, je m’endors tranquillement après avoir pris le premier quart de veille. Ce n’a pas été le cas de tout le monde. Au petit matin, je croise Côme sirotant un café : « Je me suis levé 37 fois cette nuit, il faut ficher le camp ! » dit-il en skipper dévoué. Le seul souvenir agréable de cette nuit : les succulentes lasagnes chèvre-épinard préparées par Charlotte à notre arrivée.


Après cette nuit agitée, nous allons nous installer sur la côte Est d’El Hierro. La plus petite île des Canaries, coincée entre volcans et océan, offre une nature riche et spectaculaire que cela soit sa végétation sur terre ou sa faune et sa flore des fonds marins. C’est l’occasion pour nous de découvrir la plongée. Pendant notre formation, Camille, plus expérimentée que les autres matelots, alterne entre plongées plus poussées et randonnées dans de chouettes coins. On a tous en mémoire la malheureuse aventure de la cheville de Côme qui nous a lâché en pleine rando à Madère. Au Canaries, c’est rebelotte. Pendant une balade en solitaire, cette fois-ci c’est le pauvre poignet de Camille qui se foule après une petite glissade non-contrôlée dans la forêt. Que personne ne s’inquiète, après quelques courtes nuits, un séjour matinal à l’hôpital d’El Hierro, de multiples applications de Voltarène et plusieurs jours de rééducation, Camille winche avec vigueur à deux mains.




Lors de notre escale à Madère, nous avons rencontré le projet Ecodysea qui réalise « une transat’ pour la transition ». Comme nous, ils sont partis de Bretagne et se dirigent à la force du vent vers les Antilles. A terre, ils vont à la rencontre d’acteurs du changement que ce soit en terme de permaculture, d’auberges de jeunesse écolo ou innovations dans les énergies renouvelables. Quel meilleur endroit qu’El Hierro pour que Thibaud et Fanny nous rejoignent quelques jours pour visiter ensemble l’innovation de l’île. Avant de rentrer dans les détails techniques de l’installation (qui seront présentés dans l’article suivant), nous avons découvert l’île tous les six. Entre randonnées dans le brouillard des hauteurs de l’île, baignades dans des piscines naturelles exceptionnelles, balades sur les coulées de laves, footing au lever du soleil et éternels débats… El Hierro est notre coup de cœur des Canaries !







Ecodysea a même réussi à convertir deux d’entre nous à une nouvelle religion : celle de l’argile blanche. Explications. Charlotte et Fanny sont deux grandes adeptes du zéro déchet à bord, que ce soit que sur Kerwatt ou Regentag, elles préparent toutes les deux les produits vaisselles, d’entretiens et ménagés maisons, à base d’ingrédients comme du savon noir, du bicarbonate de soude ou encore des huiles essentielles. Fanny, ayant un peu plus d’expérience, avait toujours un tour dans son sac pour émerveiller Charlotte, et l’argile blanche était le clou du spectacle. En effet, mélanger de l’argile blanche avec de l’eau (et éventuellement quelques gouttes d’huiles essentielles) permet de remplacer une multitude de produits. Charlotte a rapidement adopté cette nouvelle pratique que ce soit pour des cataplasmes ou des masques. De mon côté, c’est mon aspect un peu flemmard qui m’a convaincu, avec un seul ingrédient mélangé à de l’eau, je peux réduire considérablement le nombre de produit à acheter pour l’hygiène. Ce mélange permet de remplacer le dentifrice, le savon, le shampoing, certains médicaments oraux ou cutanés… Bref, une vraie révolution !

Paul

Nous contacter : 4matelots@gmail.com

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