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Chantier 2.0 : visite d'éléctriciens sans frontières et dernier rush

écrit par Camille


Mardi 26 novembre


Après 17 jours de travail intense sur le chantier, nous nous accordons une petite pause de trois jours, le temps de faire renouveler notre passe-avant à Dakar. En effet, pour rester en voilier dans les eaux sénégalaises, il faut détenir ce petit papier appelé « Passe-avant » mais celui-ci n’est valable qu’un mois.

Kerwatt possédant un grand tirant d’eau, nous ne voulions pas prendre le risque de le déplacer seuls dans les bolons.

Nous sommes gentiment accueillis par Patrick à bord de Ty Flod. Ty Flod est un dériveur intégral Ovni 450 tout neuf : c’est le bateau parfait pour le grand voyage d’autant plus que Patrick n’a rien laissé au hasard et l’a superbement équipé !


à la barre de Ty Flod, le superbe bateau de Patrick

Nous sommes aussi accompagnés par Daniel et son voilier Nomades. Daniel est lui aussi un bénévole de Voiles Sans Frontières. Agé de 76 ans, il n’a pas peur de rien. Nomades étant son 7ième bateau, il est l’incarnation du vieux loup de mer et nous a tous les quatre bien fait rêver en nous racontant ces histoires de bateaux toujours plus incroyables les unes que les autres…. Nous partons donc tous les six direction Ndangane où nous passons la nuit !


Coucher de soleil dans la mangrove

Le lendemain, nous prenons un taxi pour Dakar. Nous arrivons alors au bureau des douanes du port. La première fois que nous sommes passés, notre « Passe avant » avait été fait par un certain Lamine Diallo. D’après les témoignages des années précédentes, il n’était pas possible de faire prolonger son « passe-avant » et il fallait passer par une autre procédure couteuse et peu fiable. Cependant, en discutant avec Lamine Diallo, nous comprenons qu’il est possible de le faire prolonger moyennant un billet supplémentaire de 150 000 F. La veille de notre arrivée à Dakar, Côme téléphone à Lamine pour lui annoncer notre arrivée et lui demander trois renouvellements de ‘passe-avant’,

En arrivant aux douanes, il n’était pas là, nous nous sommes donc rendu dans un bureau voisin et le gars nous l’a fait sans rien dire au prix de base : 5000F. En sortant, nous croisons Lamine Diallo et nous lui disons que tout est bon. 10 minutes plus tard, il rappelle vert de rage car nous ne lui avons pas laissé ce qui était prévu mais tant pis pour lui, nous sommes déjà partis.

A 5 minutes près, nous aurions du le corrompre pour qu’il nous laisse tranquille…

Après cet épisode, on s’est rendu compte que la corruption est bien présente au Sénégal malgré le fait qu’il soit un des pays d’Afrique de l’ouest qui se développe le mieux.

De même, lorsque nous sommes rentrés de Dakar, notre taxi s’est fait arrêter trois, quatre fois par la police et Doudou nous a expliqué qu’à chaque fois, li donne environ 2000F avec ses papiers pour ne pas se faire immobiliser…


Samedi 30 novembre


Une fois de retour à Moundé, nous avons la visite de Max et Charles de Voiles sans Frontières et d’André et Charlotte, deux bénévoles de l’association Electriciens sans Frontières. Pendant près de deux jours, les avancées des travaux sont passées en revue et nous sommes challengés mais surtout conseillés par André et Charlotte, habitués de ce genre d’installation.




Résultat : nous avions complétement sous-estimé la chute de tension due aux longueurs de câbles et nos sections de câbles se sont avérées bien trop petites par rapport aux distances … Coup dur : nous devons recreuser nos tranchées de 45m, retirer les anciens câbles puis en mettre de nouveaux de plus grosses sections.

Mais il en faut plus pour décourager les quatre matelots, nous nous remettons fissa au boulot, et un nouveau gros chantier commence : le passage des câbles à l’intérieur des bâtiments, l’installation des interrupteurs, prises et lampes.





En parallèle, nous apprenons à connaitre Khady, l’infirmière et sage-femme revenue de congés. Originaire de Mbour, elle a été mutée à Moundé il y a deux ans. Surnommée la « diva » dans le village, elle nous en demande beaucoup mais au fil du temps, nous apprenons à la connaître et à l’appréhender.


Pendant les 10 jours qui ont suivi la visite des bénévoles VSF et ESF, nous n’avons pas chômé : l’armoire électrique a été montée, les interrupteurs, prises, lampes et ventilateurs ont été posés dans les trois bâtiments et nous avons camouflés tous les câbles à l’aide de « brouts » : ce sont des cache-câbles en plastique que l’on colle le long des murs.




Le mercredi 11 décembre, mise à part quelques finitions restantes, le gros du chantier est terminé et les trois bâtiments sont éclairés juste à temps pour l’inauguration …






Nous contacter : 4matelots@gmail.com

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